Notre parrain

Fanion de commandement du Général BROSSET

La deuxième Guerre mondiale éclate en 1939. BROSSET est à l’État-major du Corps d’Armée colonial. Il fait correctement son métier. Mais cet homme de feu est déçu par ce que tant de Français appellent tout gentiment » la drôle de guerre ». A la suite d’accrochages avec certains de ses chefs, il est envoyé en mission en Colombie, dans cette Amérique du Sud où il retrouve les souvenirs de sa jeunesse. C’est là que la défaite de Juin 1940 le surprendra. Il rejoint Londres dès l’Armistice.

Il sert d’abord auprès du Général De Gaulle, l’accompagnera dans son inspection de la Brigade française libre d’Orient, en Érythrée, au printemps 1941. Il quitte ensuite le Général De Gaulle pour prendre le commandement des territoires de l’Euphrate où la partie est toujours difficile à jouer. Il retrouve cette atmosphère des sables qu’il a tant recherchée. Envoyé en Syrie il est le Chef d’Etat-major du Général CATROUX. A la fin de l’année 1942, après de nombreuses démarches il reçoit le commandement d’une Brigade d’Infanterie motorisée.

Il mène alors la vie des hommes du désert au milieu de la 8ème Armée britannique. Avec sa Brigade, puis à la tête de la Première Division française libre, où il succédera au Général KOENIG, il sera de toutes les affaires qui porteront ses unités de Libye au Rhin en passant par la Tunisie, l’Italie où, à Rome il reçoit la « Légion of Merit » du commandement américain, Toulon, les Vosges …

LIBYE 1943. Commandant de la 2ème Brigade Française.

Décoré par le Général de GAULLE

Le Général BROSSET au cours d'un entretien avec le Général de GAULLE (Italie)

Le Point de la situation (Italie)

En Tunisie, en mai 1943, la 1ère DFL remporte la victoire de TAKROUNA, fait 28 000 prisonniers parmi lesquels la 90ème Division allemande et la Division italienne « Trieste » qui l’encerclaient à Bir Hakeim.

En Italie, par l’attaque en force de 11 mai 1944 dans le difficile terrain du Garigliano, la 1ère DFL, au prix de lourdes pertes, bouscule l’ennemi, et dans un élan magnifique, traverse la ligne Gustav, perce la ligne Hitler à Ponte Corvo, dépasse Rome, puis par la prise de Monte Fiascone et de la forteresse de Radicofani ouvre la porte de la Toscane aux alliés.

En France après quatre ans de combats ininterrompus, la 1ère DFL est de retour sur le sol de la Patrie. Débarquée le 16 août 1944 à Cavalaire, elle libère Toulon le 21 ; le 3 septembre le Général BROSSET, qui est lyonnais, sera le libérateur de Lyon, donnant la mesure de ses moyens dans tous les ordres : cumulant les fonctions de Général de sa Division et de Commandant de la place de Lyon, il assume, sans Maire ni Préfet, sans ponts ni téléphone, la remise en marche de l’administration et redonne vie à cette grande ville qui garde, aujourd’hui encore, pieusement son souvenir.

L'entrée dans LYON

Devant son PC à LYON

Après Lyon c’est Autun le 8 septembre. Le Général Diego BROSSET ira avec sa DFL toujours plus avant vers le Jura, Belfort, l’Alsace, de combat en combat, payant de sa personne pour épargner ses hommes, remettant en place une autorité valable de ville en ville.

Et puis un beau jour … c’était un beau jour, en effet, l’attaque était partie et bien partie. Il revenait joyeux à son poste de commandement après avoir inspecté ses premières lignes quelques kilomètres avant Champagney. Il conduisait sa jeep comme d’habitude. Il faut bien avouer qu’il conduisait comme un fou. En prenant un virage sur un pont que le Génie divisionnaire était en train de réparer, il dérapa sur le revêtement de bois, franchit le parapet et tomba dans le lit d’un torrent tumultueux, grossi par la pluie, au volant de sa voiture qu’il n’avait pas lâché.

Comme il arrivait, partait, revenait, reparaissait partout dans sa vie, le Général BROSSET entra en trombe dans la mort. Alors disparut, dans le feu de l’action, ce chef d’une ardeur peu commune. La nature lui avait dispensé avec abondance ce que tant d’hommes voudraient posséder à un moindre degré : la vigueur physique, intellectuelle, morale et le caractère, au sens le plus complet du mot. Toutes ces qualités, il les possédait à profusion comme des ressources inépuisables.

Et parce qu’il avait du cœur, un grand noble cœur, il répandait ces richesses avec prodigalité autour de lui, c’est-à-dire aux magnifiques garçons, cadres et troupes, dont il avait fait ses compagnon,s et dont il n’entendait pas s’éloigner.

Le France perdait avec lui une force rayonnante qui était, ne voulait être et ne fut qu’à son service.

Sa tombe de combat

Diego Brosset a été inhumé dans la nécropole nationale de Rougemont dans le Doubs.

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